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Parution : 
11/10/2017
« La guerre battait son plein de massacres, de ratonnades, de fusillades et de guillotinages matinaux que Madame Albert, l’épouse de M. Albert, dénonçait violemment; elle qui avait perdu son mari, une dizaine d’années plus tôt  ! Cette même guerre obscène qui avait teint mon enfance de cette couleur lugubre, celle du malheur. »
Nous sommes dans l’Algérie des années 1950, encore meurtrie par les purges antisémites perpétrées par le régime de Vichy. La guerre d’indépendance plonge le pays dans le sang et la violence. Témoin direct de ce naufrage, le narrateur revient sur son enfance à Constantine. Souvenirs terribles où les troupes françaises paradent et tuent, où l’ombre de son père, patriarche implacable, ne le quitte jamais.
Miné par une obésité maladive, écumant les rues de la ville avec son copain Kamel, et cherchant l’amour auprès d’une fille de colon, c’est dans le cabinet d’expert-comptable de son oncle que le jeune Rachid trouve le salut. Deux tableaux y sont accrochés. L’un a été peint par Albert Marquet, ami de Matisse, qui aime l’Algérie pour sa lumière, sa culture et son peuple. Deux tableaux envoûtants, sublimes, qui, chacun à sa manière, contiennent la mémoire du Maghreb.
Dans ces pages pleines de couleurs et de drame, Rachid Boudjedra nous livre l’histoire d’une dépossession : la destruction de l’atelier d’Albert Marquet  métaphorise celle d’un pays mutilé par la colonisation mais qui se cherche, par la langue, par la poésie des mots et des sens.
 
EAN : 
9782246861874
Prix : 
17.00 €